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CAO / FAO

ÉtapeConceptionNiveau : Maîtrise

La CAO / FAO, c'est l'atelier qui passe à l'écran : on dessine le bijou en volume sur ordinateur, on le valide millimètre par millimètre, puis une machine en fabrique un prototype parfait en résine ou en cire. Une étape de maîtrise qui marie l'œil du joaillier et la précision du numérique, sans jamais remplacer la main qui finit le bijou.

Croquis d’atelier — FAO en bijouterie-joaillerie
Étape · Conception

Concevoir le bijou en 3D sur ordinateur, puis l'imprimer en résine ou l'usiner avant la fonte.

Définition

La CAO / FAO désigne deux étapes complémentaires de la fabrication moderne d'un bijou. La CAO (Conception Assistée par Ordinateur) consiste à modéliser le bijou en trois dimensions dans un logiciel dédié : on construit la bague, le pendentif ou les boucles comme un objet virtuel, avec ses volumes exacts, l'emplacement des pierres, l'épaisseur des griffes et le poids estimé de métal. La FAO (Fabrication Assistée par Ordinateur) prend le relais : elle traduit ce fichier 3D en instructions pour une machine, qui imprime le modèle en résine ou l'usine dans un bloc de cire ou de métal, afin d'obtenir un prototype tangible avant la fonte à la cire perdue.

Dans la réalité de l'atelier, la CAO/FAO ne supprime aucun savoir-faire : elle remplace une partie du modelage à la main et de la cire à modeler taillée à l'établi. Le bijou imprimé n'est qu'un point de départ : il devra toujours être fondu, limé, serti et poli à la main. Le numérique sert la précision et la répétabilité ; la main fait le reste.

Les étapes

Voici comment se déroule, du brief client jusqu'au prototype prêt à fondre, cette étape de fabrication dans un atelier de joaillerie :

  1. Brief et croquis de départ. Tout commence par le dessin classique : un croquis à la main, des références de pierres, les dimensions du doigt ou du cou, le titre du métal souhaité (or 18 carats, platine, argent). On définit le style, le type de serti et le budget de matière.
  2. Modélisation 3D (CAO). Le joaillier construit le bijou dans un logiciel spécialisé (type Rhino/Matrix, RhinoGold, ou un modeleur à la cire virtuelle). Il pose la jonc, les griffes, le chaton, la galerie et l'épaulement avec des cotes réelles.
  3. Intégration des pierres. On place dans le fichier les gabarits exacts des pierres (diamètre, hauteur de culasse). C'est ici qu'on calibre une portée de diamant ou la loge d'un saphir, pour que le serti tienne réellement la pierre.
  4. Vérifications techniques. Le logiciel calcule l'épaisseur des parois, le poids de métal estimé et les zones trop fines. On corrige tout ce qui casserait à la fonte ou au polissage : griffes trop grêles, galerie trop fermée pour le nettoyage.
  5. Validation avec le client. On présente des rendus réalistes (vues 3D, simulation des couleurs d'or). Le client voit son bijou avant qu'un gramme de métal ne soit engagé : c'est l'un des grands atouts du sur-mesure.
  6. Préparation FAO. Le fichier validé est « tranché » : un logiciel le découpe en couches et ajoute les supports d'impression ou les trajectoires d'usinage. On choisit le matériau du prototype : résine castable (qui brûle proprement) ou cire usinée.
  7. Impression ou usinage. Une imprimante 3D (résine, technologie DLP ou stéréolithographie) construit le modèle couche par couche, ou une fraiseuse numérique l'usine dans un bloc. On obtient un prototype d'une grande netteté.
  8. Nettoyage du prototype. On retire les supports, on rince la résine (port de gants et lunettes, la résine liquide non polymérisée est irritante), puis on durcit la pièce sous lampe UV. Le modèle est inspecté à la loupe binoculaire.
  9. Mise en arbre et fonte. Le prototype rejoint le circuit traditionnel : montage sur un arbre de coulée, mise en revêtement, cuisson, décochage et coulée du métal par fonte à la cire perdue.
  10. Reprise à la main. Le bijou brut de fonte revient à l'établi : on l'ébavure, on lime, on soude les éléments rapportés si besoin, on sertit les pierres puis on polit et on rhodie. La main reprend toujours le dernier mot.

Outils, matières & gestes associés

Côté numérique, l'outil central est le logiciel de modélisation 3D dédié au bijou (Rhino et son plug-in Matrix/RhinoGold, ou des modeleurs « cire virtuelle »), associé à un logiciel de tranchage pour la FAO. Vient ensuite le matériel de fabrication : imprimante 3D à résine (stéréolithographie ou DLP) pour les détails fins, ou fraiseuse à commande numérique pour usiner cire et métal. La station de finition comprend un bain de rinçage et une lampe de durcissement UV.

Pour aller plus loin

La CAO/FAO remplace ou complète le modelage traditionnel à la cire à modeler : au lieu de tailler la cire à la main, on l'imprime. Elle s'inscrit ensuite dans la chaîne complète de la fonte à la cire perdue, avec la mise en arbre de coulée, l'injection de cire pour les séries (via un moule caoutchouc tiré du prototype) et le décochage.

En aval, le bijou imprimé puis fondu passe par toutes les étapes manuelles : assemblage, sertissage de la pierre dans son chaton ou ses griffes, puis polissage et rhodiage. Pour comprendre la suite logique, voir notre guide Le bijou sur mesure à Issy et Châtillon et celui sur la bague de fiançailles sur mesure.

Erreurs fréquentes & conseils de pro

Le saviez-vous

La fabrication d'un bijou par moulage à modèle perdu n'a rien de récent : les orfèvres de l'Antiquité, puis Benvenuto Cellini à la Renaissance, sculptaient déjà un modèle en cire d'abeille, l'enrobaient d'argile, le faisaient fondre et coulaient l'or à la place. La CAO/FAO n'a donc pas inventé un nouveau procédé : elle a simplement remplacé le doigt et la spatule du sculpteur de cire par une imprimante 3D. Le geste final — couler le métal là où la cire a disparu — est, lui, vieux de plus de cinq mille ans.

Questions fréquentes

Quelle différence entre la CAO et la FAO ?

La CAO est la phase de conception : on dessine et on valide le bijou en 3D sur l'ordinateur. La FAO est la phase de fabrication : la machine traduit ce fichier en objet réel, en l'imprimant en résine ou en l'usinant. La CAO pense le bijou, la FAO le matérialise. Les deux se suivent toujours dans cet ordre.

La CAO/FAO remplace-t-elle le travail du bijoutier à la main ?

Non. Elle remplace surtout le modelage à la cire et apporte de la précision, mais le bijou imprimé n'est qu'un prototype. Il faut ensuite le fondre, le limer, le sertir et le polir à la main. C'est un outil au service du savoir-faire, pas un remplacement.

Comment passe-t-on du fichier 3D au bijou en or ?

Le fichier validé est imprimé en résine castable ou usiné en cire. Ce modèle est ensuite monté sur un arbre de coulée, enrobé de plâtre réfractaire, puis cuit : la résine brûle et laisse une empreinte creuse dans laquelle on coule l'or par fonte à la cire perdue.

Peut-on voir son bijou avant qu'il soit fabriqué ?

Oui, c'est tout l'intérêt de la CAO. Avant de couler le moindre gramme de métal, on présente des rendus 3D réalistes : volumes, couleur de l'or, emplacement des pierres. Le client peut ajuster un détail, agrandir une pierre centrale ou affiner une jonc. C'est un atout majeur du sur-mesure.

Un bijou conçu en CAO/FAO est-il de moins bonne qualité qu'un bijou fait à la main ?

Pas du tout. La CAO/FAO ne change ni le métal, ni la fonte, ni le sertissage manuel qui suivent. Elle garantit une grande régularité des volumes et de la symétrie. La qualité finale dépend, comme toujours, de la main du joaillier qui reprend, sertit et polit la pièce.

Un projet qui demande ce savoir-faire ?

Nos artisans joailliers pratiquent cao / fao et tous les gestes du métier à Issy & Châtillon — création, transformation, réparation.

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