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Or 750 / 585 / 375
Sur un bijou en or, trois chiffres reviennent sans cesse : 750, 585, 375. Ils racontent la part d'or pur contenue dans le métal, et donc sa solidité, sa couleur et sa valeur. Comprendre ces titres, c'est tenir la clé de lecture de tout l'or de joaillerie.
L'or pur (24 ct) est allié pour la solidité : 750‰ (18 ct), 585‰ (14 ct), 375‰ (9 ct) selon la part d'or fin.
Définition
L'or fin, dit aussi or pur ou 24 carats, est un métal magnifique mais beaucoup trop tendre pour porter un bijou au quotidien : il se raye, se déforme et s'use à vue d'œil. On le marie donc à d'autres métaux (argent, cuivre, palladium, zinc…) pour former un alliage plus dur et plus durable. Le titre exprime, pour mille parties de métal, combien sont de l'or fin : 750‰ signifie 750 grammes d'or pur par kilo, soit 18 carats ; 585‰ correspond au 14 carats ; 375‰ au 9 carats.
Dans l'atelier, on ne dit pas « or 18 carats » par hasard : chaque titre se travaille un peu différemment. Plus la part d'or est élevée, plus le métal est noble et inaltérable, mais aussi plus tendre. Un bijoutier choisit donc son titre selon l'usage final de la pièce, autant que selon la tradition du pays : le 750 domine la haute joaillerie française, le 585 et le 375 sont très présents dans le bijou plus accessible et dans la bijouterie anglo-saxonne.
Caractéristiques & usage
Solidité et usage. La logique est simple : plus le titre est bas, plus l'alliage contient de métaux « durs » et plus la pièce résiste à l'usure. Le 375 (9 ct) est robuste et économe en or, idéal pour des bijoux portés sans relâche et exposés aux chocs. Le 585 (14 ct) offre un bon compromis entre noblesse, couleur et résistance, très apprécié pour les bagues et les alliances. Le 750 (18 ct) est le standard de la belle joaillerie : assez riche en or pour conserver un éclat profond et une excellente tenue dans le temps, encore assez allié pour se monter, se souder et se sertir proprement.
Couleur. Le titre fixe la quantité d'or fin, mais ce sont les métaux d'alliage qui donnent la teinte. Beaucoup de cuivre tire vers l'or rose ; l'argent et le palladium tirent vers le jaune pâle puis vers l'or gris (or blanc). À titre égal, on peut donc obtenir plusieurs couleurs : c'est tout le sujet de l'or de couleurs. L'or blanc 750 est souvent rhodié pour gagner ce blanc froid très lumineux.
- Au travail à froid : l'or s'écrouit (il durcit) quand on le martèle, le lamine ou le tréfile. Il faut alors le recuire pour lui rendre sa souplesse avant de le cintrer ou de l'emboutir.
- À la flamme : chaque titre a sa propre plage de fusion. Au chalumeau, on chauffe avec mesure et on utilise une brasure d'or de même couleur et de titre adapté, dont le point de fusion est légèrement inférieur à celui de la pièce, pour ne pas faire couler le bijou.
- Finition : tous les titres se polissent superbement ; l'or plus haut titre prend un poli plus « gras » et plus chaud, l'or bas titre un éclat plus dur.
Reconnaître le titre. En France, l'or doit porter un poinçon de titre (voir poinçonnage et contrôle et poinçons de titre) : tête d'aigle pour le 750, coquille Saint-Jacques pour le 585, trèfle pour le 375. En l'absence de poinçon lisible, l'artisan vérifie au touchau (pierre de touche + acides titrés) ou par mesure de densité à la balance de précision, méthodes non destructives qui restent la base avant tout rachat.
Outils, matières & gestes associés
L'or 750/585/375 se manipule avec l'outillage classique de l'établi : laminoir et filière pour transformer lingots et grenailles en tôles et fils, chalumeau et brasures d'or de titre assorti pour l'assemblage, limes et bocfil pour la mise en forme, triboulet et tas pour mettre en rond et planer, enfin touret à polir et bac à ultrasons pour la finition.
- Côté contrôle : balance de précision, pierre de touche et acides du touchau pour vérifier le titre, et la connaissance des poinçons officiels.
- Sécurité : on travaille la flamme sur une surface ininflammable et bien ventilée ; les acides de touchau et de décapage se manipulent avec gants et lunettes ; les poussières de polissage chargées d'or se captent (aspiration) car elles sont à la fois nocives à respirer et précieuses à récupérer.
Pour aller plus loin
Le titre de l'or est indissociable du poinçonnage de contrôle et des poinçons de titre qui le garantissent. Il dialogue avec l'or de couleurs (jaune, rose, gris), et se distingue des autres métaux nobles de l'atelier comme l'argent 925, le platine et le palladium. À ne pas confondre non plus avec le vermeil et le plaqué or, qui ne sont qu'une fine couche d'or sur un autre métal.
Le choix du titre conditionne aussi la monture des pierres : un serti à griffes en or 750 tiendra élégamment un saphir ou un diamant, tandis qu'un chaton bien ajusté met en valeur une émeraude plus fragile. Pour aller plus loin, voyez nos guides reconnaître le vrai or et ses poinçons et transformer un bijou de famille.
Erreurs fréquentes & conseils de pro
- Croire que « plus de carats = plus solide ». C'est l'inverse : l'or 750 est plus tendre que le 375. Un jonc fin très porté gagne souvent à être en 585 ou 375 pour mieux résister aux chocs.
- Mélanger les titres à la soudure. Souder du 375 avec une brasure 750 (ou inversement) crée des différences de couleur et de comportement à la flamme ; on assortit toujours brasure et pièce en titre et en couleur.
- Confondre titre et couleur. « Or blanc » n'est pas un titre : il existe de l'or blanc 750 comme 585. La couleur vient de l'alliage, pas de la part d'or.
- Prendre du plaqué ou du vermeil pour de l'or massif. Un poinçon de titre (aigle, coquille, trèfle) atteste l'or massif ; sans lui, méfiance, surtout avant un rachat.
- Surchauffer au chalumeau. Chaque titre a sa plage de fusion ; trop de flamme et l'on fait fondre l'arête d'une griffe ou couler une soudure. On chauffe progressivement et on recuit plutôt que de forcer.
Le mot « carat » a deux vies que l'on confond souvent. Pour les pierres, le carat est une unité de poids (0,20 g), héritée des graines de caroubier qui servaient autrefois d'étalon sur les marchés. Pour l'or, le carat n'est pas un poids mais une proportion : une fraction sur 24. L'or pur vaut donc 24/24, et le 750‰ correspond à 18/24, soit exactement les trois quarts d'or fin. Deux notions, un seul mot, deux mondes : c'est l'une des premières choses qu'un apprenti bijoutier apprend à ne plus jamais mélanger.
Questions fréquentes
Quelle différence entre or 750, 585 et 375 ?
Ces nombres indiquent la quantité d'or pur pour mille parties d'alliage. L'or 750‰ contient 75 % d'or fin (18 carats), le 585‰ environ 58,5 % (14 carats) et le 375‰ 37,5 % (9 carats). Plus le titre est élevé, plus l'or est noble et tendre ; plus il est bas, plus la pièce est résistante à l'usure.
Pourquoi n'utilise-t-on pas de l'or pur (24 carats) en bijouterie ?
L'or fin est superbe mais bien trop mou : un bijou en 24 carats se raierait, se déformerait et s'userait très vite. On le marie donc à d'autres métaux pour obtenir un alliage dur et durable, capable de tenir une griffe, un fermoir ou une alliance portée tous les jours.
Comment reconnaître le titre d'un bijou en or ?
En France, l'or massif porte un poinçon de titre officiel : une tête d'aigle pour le 750, une coquille Saint-Jacques pour le 585 et un trèfle pour le 375. À l'atelier, on confirme au besoin avec la pierre de touche et des acides titrés, ou par mesure de densité à la balance, sans abîmer le bijou.
Or blanc, or rose, or jaune : est-ce une question de titre ?
Non, c'est une question d'alliage. La couleur dépend des métaux ajoutés à l'or fin : beaucoup de cuivre donne l'or rose, l'argent et le palladium donnent l'or gris (blanc). On peut donc avoir de l'or jaune, rose ou blanc dans le même titre, par exemple en 750.
Quel titre choisir pour une bague portée tous les jours ?
Tout dépend de l'usage. Le 750 reste la référence en belle joaillerie pour son éclat et sa noblesse. Pour une bague très sollicitée ou un budget plus mesuré, le 585 offre un excellent compromis résistance-couleur, et le 375 est le plus robuste face aux chocs du quotidien. Votre bijoutier vous oriente selon la pièce et son port.
Un projet qui demande ce savoir-faire ?
Nos artisans joailliers pratiquent or 750 / 585 / 375 et tous les gestes du métier à Issy & Châtillon — création, transformation, réparation.
