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Or 750, 585, 375 : ce que disent les chiffres

Mis à jour le 20 août 2026 · par les artisans de MON BIJOUTIER D'ICI · temps de lecture : 3 min

Sur chaque bijou en or passe un poinçon gravé dans le métal : 375, 585 ou 750. Ces trois nombres ne sont pas des codes arbitraires — ils racontent la composition exacte de l'alliage que vous portez, et ils changent tout, du comportement à la lime jusqu'à la durée de vie d'un sertissage.

Un bijou en or n'est jamais en or pur. L'or fin est trop tendre pour tenir une pierre, supporter un fermoir ou résister au frottement d'une vie quotidienne : on l'allie donc à d'autres métaux. Le nombre frappé dans le métal dit exactement dans quelle proportion. 750 signifie 750 grammes d'or fin par kilo d'alliage, soit 75 %. 585 en compte 58,5 %, 375 en compte 37,5 %. Le reste — cuivre, argent, palladium — n'est pas un remplissage : c'est lui qui donne au bijou sa couleur, sa dureté et son comportement à l'établi.

L'essentiel en une phrase

750, 585 et 375 correspondent à 18, 14 et 9 carats : plus le nombre est élevé, plus la part d'or fin est grande — donc plus le métal est chaud de couleur, stable dans le temps et facile à retravailler, mais aussi plus tendre.


Croquis d’atelier — Poincons titre
Les poinçons frappés dans l'acier — la tête d'aigle du titre, le losange du maître : deux marques minuscules qui disent l'essentiel.

Comprendre l'essentiel

Le carat est l'ancienne façon de dire la même chose : l'or pur vaut 24 carats, et chaque carat représente un vingt-quatrième de l'alliage. Dix-huit vingt-quatrièmes font 75 %, d'où l'équivalence entre 750 et 18 carats. De la même manière, 585 correspond à 14 carats et 375 à 9 carats. Les deux notations coexistent sur les bijoux selon leur époque et leur pays d'origine ; en France, c'est le titre en millièmes qui fait foi.

Ce nombre est frappé, pas imprimé : il se lit à la loupe, souvent sur l'intérieur d'un anneau, sur la tranche d'un fermoir ou au dos d'un chaton. À côté de lui figure le poinçon de garantie — en France, la tête d'aigle pour l'or à 750 millièmes — et parfois le poinçon de maître, un losange qui identifie l'atelier qui a fabriqué la pièce.

Un poinçon reste toutefois une indication, jamais une preuve. Il peut être usé au point d'être illisible, appartenir à une pièce transformée depuis, ou avoir été frappé hors de France sous une autre réglementation. Au comptoir, nous lisons le poinçon, puis nous vérifions le titre par un test et nous pesons. C'est la mesure qui tranche, pas la marque.

Croquis d’atelier — Or couleurs
L'alliage vu comme une recette : l'or au centre, le cuivre d'un côté, l'argent et le palladium de l'autre — c'est leur dosage qui fait la couleur.

Les critères qui comptent

La proportion d'or ne change pas seulement la valeur du métal : elle change ce que le bijou sait faire. Un or à 750 millièmes est plus malléable, ce qui le rend agréable à mettre à taille, à souder et à sertissage — les griffe se rabattent sans se rompre. Un or à 375, plus chargé en cuivre et en argent, est plus dur : il résiste mieux aux rayures, mais il pardonne moins au travail et se ternit plus volontiers avec le temps.

La couleur vient des métaux d'alliage, jamais de l'or lui-même. Le cuivre tire vers le rose et le rouge, l'argent et le palladium vers le blanc, et c'est leur dosage qui donne le jaune franc, l'or rose ou l'or gris. Un or blanc est presque toujours recouvert d'une fine couche de rhodium qui lui donne son éclat froid : cette couche s'use au contact, surtout sur une alliance portée tous les jours, et se refait en atelier.

Enfin, l'alliage a des conséquences sur la peau. Certains ors blancs anciens contiennent du nickel, principal responsable des réactions allergiques aux bijoux. Si vous savez y être sensible, le titre ne suffit pas : c'est la nature des métaux ajoutés qu'il faut connaître.

Or 75018 carats · 75 % d'or fin · le plus tendre et le plus stable dans le temps · poinçon tête d'aigle en France
Or 58514 carats · 58,5 % d'or fin · bon compromis entre tenue et couleur · très répandu hors de France
Or 3759 carats · 37,5 % d'or fin · le plus dur, le plus sujet au ternissement


Comment bien choisir

Le bon titre dépend de l'usage, pas du prestige. Pour une alliance portée sans jamais l'enlever, la question n'est pas « quel or est le meilleur » mais « lequel vieillira le mieux à votre main » : un or plus chargé se raye moins mais se déforme différemment, un or à 750 se répare et se remet à taille plus facilement des années plus tard.

Pour une pièce sertie, la souplesse du métal compte davantage. Un chaton en or 750 se retravaille sans risque quand une pierre bouge ; sur un alliage plus dur, la reprise demande plus de précaution. Pour un bijou d'enfant ou une pièce portée occasionnellement, la dureté prime et un titre plus bas se défend très bien.

Un dernier point, souvent oublié : le mélange des titres. Réunir dans une même pièce des éléments à 750 et à 375 est possible, mais l'assemblage se pense — les métaux ne se comportent pas de la même façon à la chaleur. C'est le genre de détail qu'on regarde ensemble avant de lancer un travail.

Conseil d'atelier : avant de conclure qu'un bijou n'est pas en or parce qu'aucun poinçon n'apparaît, cherchez à l'intérieur du corps de bague, sous le fermoir et derrière la bélière — ce sont les trois endroits où la marque se cache, et ceux que le polissage efface en premier. Une pièce ancienne remise à taille a souvent perdu son poinçon avec la portion d'anneau retirée.


Entretien & précautions

Quel que soit le titre, l'or n'aime ni le chlore ni les produits ménagers : ils attaquent les métaux d'alliage bien avant l'or lui-même, et c'est ainsi qu'un bijou devient terne ou cassant. On retire ses bagues pour la piscine, le ménage et le bricolage — c'est la précaution la plus simple et la plus efficace.

L'entretien courant tient en peu de choses : de l'eau tiède, une goutte de savon doux, une brosse à poils très souples, un rinçage et un séchage complet. Sur une pièce sertie, on brosse dans le sens des griffe plutôt que contre elles. Les nettoyants vendus en flacon conviennent mal aux pierres poreuses et aux perles ; en cas de doute, mieux vaut ne rien appliquer.

Un or blanc rhodié se reconnaît quand il commence à jaunir par endroits : la couche de rhodium s'est usée. Ce n'est pas un défaut du bijou, c'est une finition à refaire, comme on repolit une monture. Et une fois par an, quelle que soit la pièce, un passage à l'atelier permet de vérifier les griffes et les fermoirs avant qu'une pierre ne se perde.

Questions fréquentes

Mon bijou ne porte aucun poinçon : est-il en or ?

Cela ne préjuge de rien. Le poinçon peut avoir été effacé par le polissage, retiré avec une portion d'anneau lors d'une mise à taille, ou ne jamais avoir été frappé si la pièce vient d'un pays qui ne l'impose pas. Seul un test du titre permet de répondre, et il se fait en quelques minutes au comptoir.

L'or 750 est-il plus fragile que l'or 375 ?

Plus tendre, oui ; plus fragile, non. Il se raye et se déforme plus facilement, mais il résiste mieux au ternissement et se répare plus aisément. Un or 375 est plus dur en surface tout en étant moins stable chimiquement à cause de sa forte proportion de cuivre et d'argent.

Peut-on transformer un bijou 375 en 750 ?

Non : on ne relève pas le titre d'un alliage existant. En revanche, une pièce peut être refondue et sa matière reprise en compte dans la fabrication d'un bijou neuf au titre de votre choix. C'est une démarche différente, qui se décide et se chiffre pièce en main.


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