Fermoir cassé : ce qui se répare, ce qui se remplace
Elle pose le collier sur le comptoir, dans un mouchoir en papier, et précise tout de suite qu'elle ne l'a pas fait tomber, qu'il était bien fermé. On déplie, on regarde à la loupe, et le plus souvent le fermoir est intact. C'est le petit anneau ouvert juste à côté qui a cédé, celui que personne ne regarde. On ne répare donc pas la même chose et on ne remplace pas la même pièce. Voici ce qu'on examine à l'établi avant de décider s'il faut souder ou remplacer.
Reconnaître son fermoir avant de parler de réparation
Un fermoir est l'organe de sécurité du bijou. Tant qu'on ne sait pas lequel on a en main, on ne peut rien décider. Quatre familles couvrent l'essentiel de ce qui passe à l'atelier.
Le mousqueton est le plus répandu. C'est un anneau rond, ovale ou en goutte dont une portion du contour s'ouvre vers l'intérieur. Un bras mobile pivote sous la poussée d'un ressort interne, et on l'actionne à l'ongle par un petit poussoir. Il se rattache au bijou par un anneau de jonction. Les catalogues anglo-saxons le nomment lobster, à cause de la forme de pince.
L'anneau ressort est son cousin discret, un anneau rond percé, avec un ergot qu'on tire pour ouvrir une fenêtre. Léger, presque invisible sur une chaîne fine, mais aussi le plus difficile à manœuvrer avec des ongles courts.
Le fermoir à cliquet se compose de deux parties, une languette pliée en lame ressort d'un côté, un boîtier creux de l'autre. On enfonce, la languette se comprime, puis se détend en butant contre une fenêtre interne. Le clic qu'on entend vient de cette butée. C'est le plus verrouillé des quatre, surtout doublé d'un huit de sécurité rabattable, et on le trouve sur les bracelets or lourds et sur les gourmettes.
Le fermoir à bascule, ou toggle, est une barre en T qu'on fait pivoter dans un anneau. Il ne comporte aucun ressort, donc rien qui puisse fatiguer, et il se ferme d'une main. En revanche il ne tient que si le bijou reste tendu par son propre poids. Sur un bracelet léger porté sous une manche, la barre ressort toute seule.
Restent les fermoirs à vis ou à baïonnette, très sûrs mais lents à manipuler, et les fermoirs magnétiques, dont on reparlera plus bas.
Où un fermoir cède le plus souvent
Un collier fermé forme une boucle. Quand vous le passez par-dessus la tête sans l'ouvrir, quand une écharpe l'accroche, quand un enfant tire dessus, l'effort se concentre sur la zone de jonction. Or cette zone comporte souvent une pièce plus faible que les autres, un anneau de jonction ouvert, simplement refermé à la pince et jamais soudé. C'est lui qui s'écarte. Le mousqueton, lui, part avec le morceau de chaîne, et on retrouve le bijou tombé au sol, fermoir toujours clos.
Le deuxième point faible se trouve en face, l'anneau de réception, celui dans lequel le mousqueton vient se clipper. Il frotte à chaque ouverture, au même endroit, et il s'amincit jusqu'à devenir une lame. On le voit bien à la loupe, le fil n'est plus rond, il est plat et brillant sur un côté.
Le troisième, c'est le ressort. Sur un mousqueton, une lame ou un petit boudin interne ramène le bras en position fermée. Il s'encrasse de crème et de savon, il s'oxyde selon la nuance d'acier, il se fatigue par flexions répétées. Un poussoir devenu mou, qui revient lentement ou pas jusqu'au bout, annonce la panne. Sur un cliquet, cela se traduit par une languette qui a perdu son ressort et qui n'accroche plus la fenêtre, le bracelet s'ouvrant à la moindre torsion.
Reste l'usure invisible du métal lui-même. Un fil d'or plié et déplié à chaque ouverture, pendant des années, s'écrouit, c'est-à-dire qu'il durcit en devenant cassant. Il rompt net au lieu de se déformer. C'est pour cela qu'un fermoir redressé à la maison avec une pince tient rarement longtemps, la seconde flexion rompant à l'endroit même que la première a durci.

Ce qui se ressoude, ce qui se change
On répare la structure et on remplace la mécanique. Un anneau, la bélière d'un pendentif, une attache arrachée se ressoudent à la brasure d'or, au même titre et à la même couleur que le bijou. Un ressort fatigué, une languette recuite, une fenêtre d'encliquetage élargie par l'usure ne se soignent pas, ils se remplacent. Retendre un ressort mort ne fait que reculer la casse, avec le risque de perdre le bijou entre-temps.
| Ce que vous constatez | Ce qu'on fait à l'établi |
|---|---|
| Le collier est tombé, fermoir toujours fermé | L'anneau de jonction a cédé, on le remplace et on le soude fermé |
| Le poussoir revient mou ou reste enfoncé | Ressort fatigué ou encrassé, nettoyage d'abord, remplacement du mousqueton si le ressort est mort |
| Le bracelet s'ouvre seul sans qu'on touche au cliquet | Languette sans ressort ou fenêtre élargie, fermoir à cliquet neuf, ajusté au boîtier |
| L'anneau de réception est devenu plat et coupant | Anneau usé jusqu'à la lame, on le refait avant qu'il n'entaille l'anneau du mousqueton |
| La barre du toggle ressort toute seule | Fermoir sous-dimensionné, on change de système ou on rallonge la barre |
| Le fermoir est en or, la chaîne est plaquée | On le dit franchement, la soudure marque le placage, on oriente vers un montage mécanique |
Le fermoir de remplacement se choisit dans le même métal et au même titre que le bijou, chaque fois que la pièce le permet. Deux titres différents sont deux alliages différents, ils ne se patinent pas de la même manière et le raccord finit par se voir à l'œil. Le titre du fermoir reste aussi cohérent avec le poinçon frappé sur le bijou, ce qui compte le jour d'une expertise ou d'une revente. Quand la chaîne est plaquée ou en métal fantaisie, la chaleur marque le placage, on le dit avant de commencer et on cherche un montage mécanique. Le remplacement se chiffre après examen à la loupe, jamais au téléphone. Notre guide sur la réparation d'une chaîne ou d'un fermoir cassé détaille la partie soudure des maillons, qui relève d'un autre geste que le fermoir lui-même.
La chaînette de sûreté et le huit de sécurité
Ce sont deux pièces modestes au regard du bijou qu'elles protègent. La chaînette de sûreté est un petit brin de chaîne monté en parallèle du fermoir, avec son propre mousqueton. Si le fermoir principal s'ouvre, elle peut retenir le bijou le temps de s'en apercevoir. Elle double la sécurité sans dispenser d'un fermoir en bon état. Sur un pendentif ancien, sur une chaîne de forte valeur ou sur un bracelet porté tous les jours, elle mérite d'être posée.
Le huit de sécurité est le petit étrier articulé en forme de 8 qu'on rabat sur un fermoir à cliquet une fois qu'il a claqué. Il n'assure aucune fermeture par lui-même, son rôle est d'empêcher la languette de ressortir. Beaucoup de clients ignorent qu'il faut le rabattre, ou l'ont laissé se casser sans le faire remplacer. Un bracelet à cliquet dont le huit reste relevé peut s'ouvrir sous une simple torsion.
Troisième réflexe, invisible celui-là, faire souder les anneaux de jonction. Un anneau refermé à la pince laisse une fente, même imperceptible à l'œil nu, et un maillon fin peut s'y glisser. Le travail se fait à l'établi, souvent au moment d'un nettoyage, et se chiffre comme le reste, après avoir vu la pièce.

Choisir un fermoir quand les doigts ne suivent plus
Beaucoup de personnes cessent de porter un bijou qu'elles n'arrivent plus à fermer, alors qu'il n'a rien de cassé. Arthrose, tremblement, ongles fragiles, main gauche qui doit tout faire seule, cela se règle à condition de le dire au comptoir.
Le premier réflexe consiste souvent à allonger la chaîne pour qu'elle passe par-dessus la tête, avant même de parler de fermoir. Un collier qu'on n'ouvre pas est un collier qu'on ne risque pas de mal refermer. Quand ce n'est pas possible, on remonte en gabarit, un mousqueton plus gros, à poussoir large, s'attrape à la pulpe du doigt et plus à l'ongle. Sur un bracelet, un fermoir à cliquet demande moins de précision qu'un anneau ressort, puisqu'il suffit de pousser jusqu'au clic. En revanche le huit de sécurité se rabat mal d'une seule main.
Le fermoir magnétique est souvent le plus confortable et le plus mal compris. Il se ferme seul, sans force ni visée, ce qui compte beaucoup pour une main qui tremble. Mais il ne tient qu'un bijou léger. Sur une chaîne lourde, ou dès qu'un vêtement le cisaille latéralement, il peut se séparer. On ne le pose pas sans une chaînette de sûreté doublant l'aimant, et on demande si la personne porte un appareil médical implanté avant d'en proposer un.
Pour un collier de perles, la question est encore différente, le fermoir doit être proportionné au rang et la soie renouvelée en même temps, sinon on remplace la serrure d'une porte dont le mur s'effrite. Notre guide sur le renfilage d'un collier de perles explique ce point. Venez avec le bijou et essayez le fermoir au comptoir avant qu'on le monte, c'est en le manipulant que vos doigts vous diront s'il convient. À Châtillon, 34 rue de la Mairie, 01 46 89 31 17, comme à Issy-les-Moulineaux, l'essai se fait devant vous.
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Prendre rendez-vous Nos boutiquesQuestions fréquentes
Mon collier est tombé alors que le fermoir était fermé. Le fermoir est-il en cause ?
Rarement. Si le mousqueton est resté clos, c'est qu'une autre pièce a lâché, en général l'anneau de jonction ouvert qui le relie à la chaîne, ou l'anneau de réception à l'autre bout. Regardez le brin de chaîne resté accroché au fermoir, s'il y en a un, la rupture est ailleurs. On remplace l'anneau fautif et on le soude fermé, puisque c'est ce point qui a lâché.
Peut-on retendre un ressort de mousqueton fatigué ?
Non, et c'est une fausse bonne idée qui revient souvent au comptoir. Un ressort qui a perdu sa force a subi soit un recuit, soit une fatigue par flexions répétées, et dans les deux cas la matière a changé d'état. On peut parfois débloquer un poussoir simplement encrassé de crème et de savon par un nettoyage, ce qui vaut d'être tenté en premier. Si le poussoir reste mou après nettoyage, on remplace le mousqueton entier.
Un fermoir magnétique tient-il ?
Sur un bijou léger, oui, et le confort compte beaucoup pour une main qui tremble ou qui ne peut pas pincer. Sur une chaîne lourde, non, le poids et les frottements du vêtement peuvent cisailler l'aimant latéralement, dans une direction où il ne retient rien. On ne le pose donc que doublé d'une chaînette de sûreté, jamais seul. Et on pose la question d'un éventuel appareil médical implanté avant d'en proposer un.
Faut-il remplacer un fermoir par le même métal ?
C'est ce qu'on fait chaque fois que la pièce le permet. Deux titres différents sont deux alliages différents, ils ne se patinent pas de la même manière et le raccord finit par se voir à l'œil, en particulier entre un 375 et un 750. Rester au même titre garde aussi le bijou cohérent avec le poinçon qu'il porte. Quand le bijou est plaqué ou en métal fantaisie, la soudure marque le placage, on le dit avant et on cherche un montage mécanique.
Qu'est-ce que le huit de sécurité et dois-je le fermer ?
C'est le petit étrier articulé en forme de 8 monté sur les fermoirs à cliquet, en général sur les bracelets et les gourmettes en or. Il n'assure aucune fermeture par lui-même, une fois que le cliquet a claqué on le rabat par-dessus pour empêcher la languette de ressortir sous une torsion. Beaucoup de personnes l'ignorent et portent leur bracelet le huit relevé, ce qui revient à ne pas s'en servir. S'il est cassé ou manquant, faites-le remplacer.
Peut-on ajouter une chaînette de sûreté sur n'importe quel collier ?
Sur la grande majorité, oui, à condition que les points d'accroche puissent recevoir une soudure. On monte un brin de chaîne parallèle au fermoir, avec son propre petit mousqueton, dans le même métal et le même titre que le bijou. On la pose souvent sur un pendentif ancien ou sur une pièce à valeur sentimentale. Sur un bijou plaqué or, la chaleur de la soudure marque le placage, on le dit avant et on cherche une solution mécanique.
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